Spleen

Spleen


I


Paradis artificiel


Que cette vague de chaleur est pénétrante! Elle enivre mon corps dans une euphorie et une rêverie certaine.
Certes, tout cela est artificiel, mais il n'y a pas de sensation plus délicieuse que cette vague enflée d'artifices mais elle n'exclut pas l'intensité, elle fait chuter tous soucis, toute douleur, tout chagrin.
C'est un grand délice lorsque cette vague m'enivre dans ce paradis artificiel, le regard dans l'immensité d'un ciel bleu remplit de rêves, je suis en solitude mais en accord avec ce monde irréel, sa mélodie berce mon c½ur meurtri par l'Amour dans une douce mélancolie, m'élance dans un rêve puis dans une autre et dans cet élan impalpable j'oublie toute la cruauté humaine, je m'engouffre dans un bonheur infime mais tellement brutal lors de sa chute, comme précipité de revenir à la réalité, dans ce monde malsain gangrené par l'idiotie, rongé par la violence humaine, ce monde ou plutôt ce cendrier car finalement nous ne sommes que de pauvres cigarettes en perpétuelle consommation, ce monde est un cancer avec d'affreuses douleurs!
Maintenant la profondeur de mon rêve me perd, l'extase de mon euphorie s'efface, son intensité s'estompe et me brutalise, je retourne à ce pitoyable théâtre avec un spectacle qui m'écoeure, une cruauté qui m'exaspère,
Faudra-t-il toujours fuir ce monde ignoble ou l'affronter pour périr avec une cause valable mais périr dans l'inutile espoir qu'il nous est donné?
Paradis artificiel, enchanteur, rival vainqueur, emporte-moi, enivre-moi, engouffre-moi à néant!
Cesse ma joyeuse douleur, ma soif de tuerie, je préfère fuir cet effroyable vérité, non pas par lâcheté mais car cette cruauté m'écoeure comme rien au monde ne peut m'écoeurer!
Ce monde est engourdi dans cette cruauté envers les Animaux et la Femme et cela me comprime le c½ur de rage et de souffrance.

# Posté le mercredi 08 juillet 2009 07:34

Modifié le mardi 21 juillet 2009 14:05

Spleen

Spleen
II

L'absente







*




A celle qui a su noyer mon c½ur dans l'Amour, celle qui par sa peau suintante de beauté a su raviver ma flamme, celle qui aussi par son effroyable Amour a su m'insuffler toute la volupté de ce sentiment amer et macabre.
C'est sous cette admirable journée, là où mon c½ur se pâme de son absence en contemplant le ciel profond de son bleu azur comme si celui-ci rappelait à mon souvenir cette Divine, le soleil me rappelle ses yeux brillants de tendresse et de douceur, le seul zéphyr emporte mon esprit rêveur dans les lugubres et douloureux souvenirs qui me reviennent et là je me laisse enivrer par des images bouleversantes et dans cette rêverie dramatique je pleurs et chaque larme reflète son regard, si mystérieux mais si pénétrant en moi que sa douleur me procure une délicieuse sensation qu'est l'Amour, il se reflète avec différentes expressions : la joie, la peur, l'Amour, le chagrin, le bonheur, le malheur, la confiance, l'angoisse et je voyais en elles tout ce qu'un homme tente d'atteindre durant toute vie, ce sentiment pesant comme un ciel lourd de mornes regrets, ternit par une vie trop engourdie par la lassitude, je trouvais en elle l'Amour.
Mais la Mort, Ô pitoyable maîtresse notre vie, toi qui fut toujours mon unique lueur, serais-tu jalouse que cette Divine a fait chavirer mon c½ur dans l'azur profond de l'Amour?
Et je pleurs chaque soir ma Déesse comme pleur mon c½ur de rage et d 'acharnement pour ne pas oublier cette Divine, celle qui a su raviver la flamme de mon âme.








**




Ô que le monde me semble insipide, comme névrosé par la douleur avec d'immenses spasmes de cruauté, il me semble comme engourdie par sa propre pourriture qu'est l'espèce humaine, cet être méprisable et remplit de vices que sa chair impure est odorante de dégoût!
Je vois le ciel terne et sombre avec juste les étoiles pour que reviennent à mon souvenir ses tendres yeux.
Ah, qu'il est affreux ce monde sans cette lueur qui scintille votre c½ur, qu'il est remplit de rage et de révolte, ce monde est enseveli sous d'énormes vagues d'hypocrisie et de sentiments tellement malsains que j'en vomi d'être humain!
Elle, ma Divine, ce n'était pas un être humain, non, bien trop charmante, bien trop angoissante, c'était une créature superbe, une bête sauvage avec un c½ur navigant sur des gouffres profonds de douceur!
Ô que pauvre est mon c½ur sans cette lueur d'Amour, il est comme ce malandrin sans abri, comme cet enfant sans parents, cette boussole sans repères.
Mais mon effroyable Divine a parsemé dans mon âme des étoiles de bonheur et d'Amour qui lorsqu'elles rayonnent me transportent hors de ce monde miséreux et infâme!

# Posté le mardi 07 juillet 2009 12:12

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 05:07

"Le Poète lorsque, son apathie lui recouvre l'âme de son doucereux voile, il se voit moribond d'inspiration et les yeux peuplés de pâles horizons" Esther Valmore.

"Le Poète lorsque, son apathie lui recouvre l'âme de son doucereux voile, il se voit moribond d'inspiration et les yeux peuplés de pâles horizons"  Esther Valmore.
VII


Mon Combat


à C.M


Par la douleur d'un c½ur meurtri de ton Amour perdu, les yeux cernés par la fatigue, les poches trouées par le Temps infini et pesant qui sépare nos âmes, les chaussures usées à marcher sans.
J'irais là où tu t'ai éloignée, je ferais chemin vers le passé en ayant comme unique espoir de te retrouver et de comprendre pourquoi ce jour d'un été bleu mais tellement ombragé par des nuages de douleur, je t'ai perdu, Ô toi mon grand Amour!
En ce jour terriblement froid je pars seul, les yeux mornes, le corps morose, avec sur les épaules le fardeau effroyablement terrifiant du Regret, je pars avec ma joyeuse solitude qui pâme mon c½ur et le réchauffe car sa lueur brille à l'espoir de te retrouver.
A travers les ombres de la forêts, je cours comme chassé par le temps pour une cause qui s'estompe dans la nature mais reste à jamais gravée en mon c½ur car son âpre douceur l'ébranle dans un tourbillon de folie, je cours sans cesse, le pas précipité je bats la terre et la jeune herbe sous mon pied car dans chacun d'eux se ressent toute la rage que contient mon âme.
Pourtant même le pas précipité je vois le Temps s'élargir sans doute car je ne t'ai pas à mes côtés, souvent je me pose au milieu de ma course folle non pas pour me reposer mais pour songer à ce que tu es, cette personne admirable, cette Charmante, les vertus pour ton Amour que tu me portait, ta suprême beauté, je repense à tous ces souvenirs impalpables qui laissent mon c½ur se noyer dans une immensité s'appelant la Chagrin.
Me voila sous la pluie d'un automne triste, j'ai le sang glacé sur mes épaules une simple veste, je tremble de peur, de cette crainte qui est de mourir avant de te retrouver.
Longtemps j'ai voulu faire ces retrouvailles mais trop souvent mon c½ur en a souffert.
C'est lors de cette nuit étoilée d'un autre été bleu que les souvenirs d'un intense jour ont transportés mon âme dans une valse de sentiments et mon c½ur ivre de ceux-ci a revu jaillir cette étincelle d'Amour et mes yeux les sanglots d'un douloureux Amour.
Seul sous cette pluie, je continue ma quête, j'ai sans doute perdu ma raison à courir pour cause certainement perdue mais j'ai cette âcre sensation lorsque les frissons du Regret viennent de poser lentement mais brutalement comme la neige que j'ai perdu cette flamme qui éclairée mon âme comme le soleil illumine le monde et vois en moi rejaillir cette rage de vaincre, de détruire, d'assassiner, de pleurer des larmes chaudes comme le sang pour la raviver à jamais et pour qu'enfin en mes veines se remettent à ruisseler les tourments de l'Amour!
Me voila à bout de souffle, le c½ur palpitant comme un martèlement dans ma poitrine et dans une infinie brume je vois se dessiner ton visage, Ô tendre folie m'indiquerais-tu la fin de mon aventure périlleuse?
M'annoncerais-tu l'arrivée au monde des merveilleux espoirs?
Je traverse cette brume épaisse, les rayons de soleil zèbrent le sol avec les branches des arbres, je cours même le c½ur usé, le pas lent, je force, je lutte, Ô que cette brume est épaisse!
J'y suis, je suis là où nos c½urs se sont délaissés, je te vois le front terrassé, les épaules en dedans mais les yeux illuminés par l'immensité de ces retrouvailles, j'ai toujours rêvé d'une fin délectable et je te vois là attristée en me criant du fond de tes entrailles : «  mon c½ur est en viduité de ton Amour! ».

# Posté le vendredi 03 juillet 2009 03:53

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 05:13

"Je suis l'être spleenaire d'un siècle vaurien" Esther Valmore.

 "Je suis l'être spleenaire d'un siècle vaurien" Esther Valmore.
X


Éloge à Muse

à J.




Même miséreux, les yeux délavés, le dos lourd de regret, le c½ur meurtri et le ventre creux de n'avoir pu me nourrir autrement que de ton Amour, tu seras à jamais celle qui à raviver la flamme de mon c½ur celui qui par tes yeux ardents, par tes mains blanches, ta peau douce, ta beauté ineffable tu ancres en mon âme tout l'émerveillement dont elle a besoin, ton Amour.
Toi aussi parfois l'être lunaire, attristé mais tellement radieux par ta vertu et ta délicatesse qui pénètre mon c½ur d'une langueur sensuelle mon c½ur, tu tourmentes mon esprit par tout l'Amour dont je te porte.
Tu es cette scintillante étoile qui éclaire mon âme lorsque de nombreux nuages ténébreux viennent ombrager mon c½ur et l'assènent à coups de regret, de pleurs par la violence de l'Amour.
Mais qu'aimes-tu être énigmatique*? Voir mon c½ur sangloter mon âme flétrir de jour en jour, mes yeux se délaver du peu de couleur qu'ils leur restent, alourdir le fardeau du regret sur mes épaules, me faire plus miséreux que le pauvre, agrandir la famine de mon c½ur?
Je sais que tu dois être cet Amour interdit, celui que la Nature envie tellement qu'elle le blâme, mais tes baisers sont si brûlant de désir, tes caresses douces et si Amoureuses, ton regard que je contemple est si agréable que je noie mes yeux dans les tiens, cette vaste mer de sentiments, ton être est si magnifique!
Ne voudrais-tu pas dépasser la barrière qui a toujours contraint à faire de nos c½urs un Amour interdit et malgré tant désiré, tant choyé; la franchir, la briser après tout ne dit-on pas que l'Amour est plus fort que tout?
A chaque pensée pour ma Muse, mon c½ur se plonge dans mille rêveries confuses mais délicieuses**.Même si la vie m'offrait les plus belles merveilles du monde, je serais toujours ce pauvre au c½ur meurtri, avec son âme sans lueur, des yeux délavés, une famine le rongeant comme la vermine, car il manque à mon c½ur cette flamme, ton Amour.




* «L'étranger» de Baudelaire.
** «Rêveries du promeneur solitaire» Rousseau
.






# Posté le mercredi 24 juin 2009 15:59

Modifié le mercredi 04 novembre 2009 06:28

Spleen

Spleen
XV



Muse Idéale




Vois-tu Muse, ce ne seront jamais ces drôles de créatures aux beautés écoeurantes au maquillage défiant celui des catins, cette viande avariée avec des formes hospitalières, qui seront garnir mon c½ur de sentiments, ce gouffre de douleur et de vanité par-dessus lui un ciel lourd et profond lui rappelant qu'il est l'être maudit d'un siècle vaurien.
Vois-tu Muse, ce troupeau gémissant à la moindre douceur superficielle, au moindre acte faussement héroïque, je les déteste, plus même, je les méprise.
Mon c½ur cherche le rouge de l'Amour, le rouge pourpre de l'Idéale et parmi ces pâles couleurs je ne trouve que de la fausse beauté, toutes plus superficielles l'une que l'autres.
Vois-tu Muse, mon c½ur profond de souffrance comme l'abîme, veut une Idéale à l'âme criminelle, au caractère vengeur, au regard froid, au sang bouillonnant de rage, au c½ur se pâmant pour son Amour, aux cheveux portés par le vent de la révolte, au corps non pas parfait, car le parfait est inutile, mais au corps sublime, alléchant.
Vois-tu Muse, ce troupeau n'a rien de sublime ou d'alléchant, il est désespérant et décadent de la Beauté, la vraie.
Vois-tu Muse, ce que je recherche c'est toi, mon Idéale, infinie immensité de sensations intenses et brutales lorsque je te rêve.












# Posté le samedi 24 janvier 2009 05:53

Modifié le mardi 21 juillet 2009 14:02

Spleen

Spleen
XXI


Opprobre





Toi, alcôve qui éveilles en mon âme cette délicieuse sensation de bonheur, lui s'ouvrant comme une orchidée à la saison des pluies pour accueillir tes tendres paroles mensongères, Ô comme il est candide!
Il se laisse emporter par l'émotion des compliments dont tu lui fais grâce et comme dans une naïveté pâmée par les sentiments, il se laisse séduire par des mots qui le détruiront, Ô comme je le hais!
Tu lui chantes des vers longtemps rêvés, il trébuche sur chaque parole démagogique que tu lui offres, pauvre de lui, si souvent martelé par la douleur que lui apporte ce sentiment vicieux, Ô comme ton cadeau est empoisonné!
Toi, la mère nourricière de ce que mon c½ur considère comme Amour, tu lui mens, le salis, le trompes, le trahis!
Et dans le champ du souci cultivé de souffrance, tu le rosses!
Il voit fleurir de profondes émotions que tu briseras!
Ô comme tu es traite!
Et lorsqu'il trébuchera sur les pavés du malheur, qu'est la furieuse vérité, tu t'esclafferas.
Ô comme tu es diabolique, pauvre sentiment sans ornement!







# Posté le mardi 03 février 2009 01:31

Modifié le jeudi 23 juillet 2009 06:59