Paradis artificiel
Que cette vague de chaleur est pénétrante! Elle enivre mon corps dans une euphorie et une rêverie certaine.
Certes, tout cela est artificiel, mais il n'y a pas de sensation plus délicieuse que cette vague enflée d'artifices mais elle n'exclut pas l'intensité, elle fait chuter tous soucis, toute douleur, tout chagrin.
C'est un grand délice lorsque cette vague m'enivre dans ce paradis artificiel, le regard dans l'immensité d'un ciel bleu remplit de rêves, je suis en solitude mais en accord avec ce monde irréel, sa mélodie berce mon c½ur meurtri par l'Amour dans une douce mélancolie, m'élance dans un rêve puis dans une autre et dans cet élan impalpable j'oublie toute la cruauté humaine, je m'engouffre dans un bonheur infime mais tellement brutal lors de sa chute, comme précipité de revenir à la réalité, dans ce monde malsain gangrené par l'idiotie, rongé par la violence humaine, ce monde ou plutôt ce cendrier car finalement nous ne sommes que de pauvres cigarettes en perpétuelle consommation, ce monde est un cancer avec d'affreuses douleurs!
Maintenant la profondeur de mon rêve me perd, l'extase de mon euphorie s'efface, son intensité s'estompe et me brutalise, je retourne à ce pitoyable théâtre avec un spectacle qui m'écoeure, une cruauté qui m'exaspère,
Faudra-t-il toujours fuir ce monde ignoble ou l'affronter pour périr avec une cause valable mais périr dans l'inutile espoir qu'il nous est donné?
Paradis artificiel, enchanteur, rival vainqueur, emporte-moi, enivre-moi, engouffre-moi à néant!
Cesse ma joyeuse douleur, ma soif de tuerie, je préfère fuir cet effroyable vérité, non pas par lâcheté mais car cette cruauté m'écoeure comme rien au monde ne peut m'écoeurer!
Ce monde est engourdi dans cette cruauté envers les Animaux et la Femme et cela me comprime le c½ur de rage et de souffrance.


